Historique

Monastère

Grandmont avant le lycée

Le site du lycée tire son nom du prieuré qui y fut fondé en 1157 par l’ordre de Grandmont. De ce dernier, presque rien ne subsiste hormis quelques esquisses. Après un apogée au XIVè siècle, il n’abrite plus qu’une poignée de clercs au début du XVIIIè siècle. Le pape Clément XIV décide sa dissolution en 1774 et transfert la propriété à l’archevêque de Tours qui fait raser le bâtiment du prieuré pour y édifier sa résidence d’été (le « château » dans la mémoire des Tourangeaux)… qu’il conserve peu de temps.

Avec la Révolution française, le parc de Grandmont devient une propriété privée rachetée successivement par plusieurs familles au cours du XIXè siècle. A la fin du siècle, il appartient aux Lecointre qui n’y résident qu’une partie de l’année et louent le parc, en particulier à la municipalité de Tours qui finit par l’acquérir au lendemain de la Première Guerre mondiale.Château

Relié au centre-ville par le tramway, le parc de Grandmont devient un espace de loisirs pour les Tourangeaux qui viennent y profiter, notamment en fin de semaine, d'un coin de verdures aux portes de la ville. Sa vocation scolaire s’affirme progressivement. Le parc municipal devient en 1925 un jardin d'enfants et une garderie. En 1935, des fêtes champêtres sont organisées pour les enfants venant des différentes écoles de la ville pour la kermesse scolaire. Cet usage perdura jusque dans les années 1950.


La création du lycée

historique travauxAprès la Seconde Guerre mondiale, l'enseignement du second degré doit faire face à la croissance de la population scolaire. Les deux collèges et les deux lycées du centre-ville commencent à être à l’étroit dans leurs murs. En 1954, l’Etat décide de construire un nouvel établissement à Tours sur le site de Grandmont proposé par la municipalité. Dans le sillage de ce projet scolaire, l’ensemble du parc est concerné par un vaste réaménagement avec la construction des logements du quartier Montjoyeux, d’une partie de l’université, d’une nouvelle auberge de jeunesse et de sièges d’entreprises.

L’architecte Jacques Carlu, connu par ailleurs pour la construction du Palais de Chaillot à Paris, est choisi en 1955 pour construire le lycée. Il inscrit dans l’enceinte du parc un plan en U inversé. A cheval sur l’une des ailes, l’ancienne demeure bourgeoise doit être rasée. Les travaux débutent lentement en 1957. Le lycée accueille ses premiers élèves à la rentrée de septembre 1959 ; 600 élèves, répartis en 24 classes, dont 120 filles car dès l'origine le lycée est mixte à la différence des anciens établissements de la ville.historique cite scolaire mixte

Une autre de ses particularités est d’accueillir l’enseignement technique dans un vaste bâtiment plat à toit de sheds construit dans sa partie sud. En revanche, les classes préparatoires, pour lesquelles fut édifié le bâtiment actuellement dévolu au CDI, restèrent finalement en centre-ville au lycée Descartes. Une fois les travaux achevés, la « cité scolaire technique, classique et moderne » de Grandmont est officiellement ouverte en 1963.

Dès l’origine, il se distingue également par sa taille. Scolarisant actuellement plus de 2200 élèves, c’est le plus grand lycée de l’académie Orléans-Tours et l’un des plus grands de France. En 1977, la cité scolaire fût scindée en trois établissements : le lycée Grandmont (général et technologique), le collège Jean-Philippe Rameau et le lycée d'enseignement professionnel Victor Laloux. Depuis 1998, les trois établissements sont totalement autonomes.

Crédits : Cédric Perrin (dir.), Grandmont. Un lycée, un lieu, une histoire, Presses de Grandmont, Tours, 2013.